L’autoroute du soleil !

Le 26 juin, nous avons rencontré des travailleurs (médecins, psychiatres et infirmiers) de centres spécialisés dans l’accueil des usagers de drogues en France.

Les centres représentés sont principalement des CSAPA[1] et AIDEA[2] de Nîmes, Narbonne, Carcassonne et Montpellier.

« Les CSAPA ambulatoires[3].

Les Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie, ou CSAPA, offrent la possibilité de faire le point avec un professionnel spécialisé sur les difficultés rencontrées. Ils proposent un accompagnement vers l’arrêt, la consommation modérée de drogues ou vers un traitement de substitution (pour les personnes dépendantes aux opiacés).

Grâce à la pluridisciplinarité des équipes qui y travaillent, la personne bénéficie d’une prise en charge globale, à la fois psychologique, sociale, éducative et médicale. Ces centres proposent différents types d’approche : individuelles (éducatives, sociales, psychothérapeutiques, etc.), collectives (groupes de parole par exemple) et familiales.

Avec les professionnels du CSAPA, l’usager pourra mettre en place l’accompagnement qui lui convient le mieux. Il pourra notamment opter pour un sevrage ambulatoire (sans hospitalisation) ou hospitalier dans un service partenaire ou suivre un traitement de substitution aux opiacés. L’accompagnement proposé par le CSAPA peut se poursuivre durant toute la durée du sevrage, y compris hospitalier, et bien au-delà. Ainsi, la personne sevrée ou sous substitution peut continuer à être accueillie dans le cadre d’entretiens ou d’ateliers spécifiques visant à consolider son arrêt.

Les CSAPA proposent également un accueil pour les membres de l’entourage. Les proches peuvent être reçus de façon ponctuelle ou entamer un suivi régulier. Ce suivi peut prendre la forme d’entretiens individuels avec un professionnel ou de rencontres collectives lors de groupes de parole par exemple.

Les CSAPA accueillent le public de façon anonyme et gratuite et sont présents dans tous les départements de France. »

L’idée était d’échanger autour de nos pratiques respectives. Le souhait de ces travailleurs est de pouvoir sensibiliser et intéresser les médecins généralistes à la prise en charge des UPDA. En effet, il semble que les médecins généralistes du sud de la France soient un peu frileux, inquiets à l’idée de prendre en charge ce public. Nous avons donc réfléchi à ce constat, qui était le même en Belgique il y a quelques années, et partagé notre expérience.

Après présentation du RAT et de son histoire, les idées et pistes apparaissent assez rapidement. Notamment la réalité qui est la nôtre : pour que le médecin se lance dans cette pratique il faut l’accompagner et le soutenir. Nos outils pour ce faire étant : les supervisons, les formations et le travail de nos coordinateurs qui mettent en pratique ce soutien, tant dans le travail de proximité avec les patients que dans les co-suivis. Pouvoir accompagner en duo, créer des réseaux et les articuler autour du patient est le socle du soutien à la médecine générale. Cependant, le RAT a étendu ses missions à tout travailleur de première ligne. Il semble que ce travail soit possible si tous les travailleurs de première ligne susceptibles de travailler avec des UPDA soient formés et informés.

L’idée est bien sûr d’organiser et de poser un cadre de travail qui rende possible la prise en charge des UPDA en médecine générale.

Nous avons imaginé leur rendre visite pour pouvoir réellement se rendre compte de leurs pratiques.

Nous verrons ce qui découle de ces échanges pour pouvoir penser la suite.

 
[1] Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en addictologie.
[2] Accueil Info Drogue et Addiction
[3] http://www.drogues-info-service.fr/Tout-savoir-sur-les-drogues/Se-faire-aider/L-aide-specialisee#.VfKpTn3GHaw

 

Par Virginie Desmet