Colloque : cinquième!

Depuis quelques années, le Réseau d’Aide aux Toxicomanes en collaboration avec le Laboratoire d’anthropologie prospective de l’UCL explore, avec des partenaires de plusieurs universités et associations, la double dimension paradoxale des dépendances.

Dans le contexte relativement normatif dans lequel baigne la conception que notre culture construit des addictions, il nous semble opportun de poser une réflexion critique sur ces conceptions, de les historiciser, de les relativiser voire, dans certains des cas que nous rencontrons, d’en percevoir les ouvertures.  Les addictions sont souvent présentées comme des limitations problématiques de l’autonomie d’un individu recherché comme libre dans nos sociétés de haute modernité. Nos travaux cherchent, d’une part, à critiquer cette perspective normative négativiste et, parallèlement, à mettre en évidence la part de lumière, les bénéfices, renforcements, redéploiements qu’apportent également aux individus et aux collectifs ces dépendances multiples.

Dans l’intention de clairement décloisonner les définitions, nous avons mobilisé pour alimenter la réflexion trois types de dépendances humaines : les substances dont les drogues, les croyances dont les religions et les mondes virtuels dont les jeux vidéos.  L’objectif était donc de croiser ces 3 types de terrains à partir du regard commun des dépendances et addictions.

Ce cinquième colloque vise à nous interroger sur les nouvelles vulnérabilités liées à l’émergence de nouvelles pratiques et de nouveaux défis.  L’évolution des trois champs privilégiés amène à l’émergence de nouvelles fragilisations.  Le concept de vulnérabilité a été beaucoup mobilisé pour décrire ces situations qu’entraîne la « modernité insécurisée » décrite par Pierre-Joseph Laurent. Il s’agira d’évaluer à la fois les formes de ces nouvelles vulnérabilités et d’un même tenant la conceptualisation utilisée pour l’appréhender.  Enfin, nous examinerons les nouveaux dispositifs de résiliences consécutives à ces vulnérabilités.

Comme lors des précédentes éditions, Les journées se structureront en deux moments : un premier autour du couple vulnérabilité/résilience et un second sur les liens entre dépendance et vulnérabilité.

Il se tiendra les 29 et 30 janvier 2016.

Par Olivier Servais